Après une semaine de bataille acharnée, c'est notre première nuit dans notre nouvelle maison : Un Combi flambant pas neuf de 1975. On s'est fait joliment embobinés par Fernando la débrouille, grand-père aux dents déchaussées, casquette de rappeur et chemise de trappeur, radoteur première catégorie. Cet incroyable personnage a réussi à nous persuader qu'acheter au réservoir percé et aucun fils de connectés (Quand ils existent), c'était ce qu'il nous fallait. Remarquez, il fait le principal, il démarre, avance, recule, tourne et freine. Et il a une belle peinture toute neuve à peine taguée!
Nous on est les plus heureux du monde au milieu des cafards dans notre machine à rêve des années 70. On a plein de projets ensemble et un itinéraire de découverte du Mexique qui se précise. De Chiapas en passant pas Oaxaca, la côte Caraîbe du Yucatán, les ruines Mayas à la frontière du Guatemala, puis remonter la côte Pacifique et traverser le golfe du Mexique pour nous rendre à la Paz et enfin remonter Baja California jusqu'aux Etats-Unis. Le tout saupoudré de WOOFing, pannes en tous genres et changements de programme...
Une semaine donc chargée en évènements : Partis de chez Ale et Andrea qui finalement n'étaient pas très chauds pour nous accueillir plusieurs mois, fait la connaissance de Carlos, mécano bourru bien sympas (On l'emmènerait bien avec nous), qui nous a conseillés, guidés dans les mèandres techniques Mexicains et accueillis quand il a fallu trouver un autre toit, passé nos journées à courir le Distrito Federal à la recherche de pièces, matériel, outils, et chaque jour voir le combi et rappeler notre existence à F. la débrouille, pas préssé d'arranger et réparer ce qu'il avait promis : " Mañana, mañana te digo, mañana te lo llevas!! " Bein tiens!!
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Chez Fernando sans les plaques.
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Plaques ou pas plaques, réparé/pas réparé, arrive un moment oú on a plus le choix, on emménage dans le combi devant chez Fernando le mafieux qui en une journée, gêné par notre présence fait ce qu'il n'a pas fait de la semaine : Il fait réparer le réseau électrique, le pneu et récupéré nos plaques d'immatriculation, il nous emmène chercher de l'essence et nous conduit même jusqu'au périph!!
Nous partons gaiement pour tomber en panne, moteur calé quelque trois km plus loin.
Au bord du périph, quelque peu... "dépités" et la tête dans le moteur nous arrive un ange-mécanicien-taxi qui Oh joie! A tous ses outils dans son coffre! Des fils étaient cramés, on était pas trop surs de leur utilité mais ils ont fait l'objet d'un soin "à la mexicaine" ( "à la mexicaine"= encore plus à l'arrache qu' "à la marocaine" ), après 5 minutes de bidouillage acharné, le moteur redémarre et notre ange nous demande une somme faramineuse "sans compter le savoir faire". On se remémore ce qu'on nous a dit : "Attention", "Dangereux", "Mafia", "Je fais plus confiance aux narcotrafiquants qu'à la police", "La zone près de l'aéroport craint"(Ah tiens! C'est là qu'on est!) alors on paye; l'ange est de bonne humeur ( Tu m'étonnes! ) et nous fait cadeau du savoir faire.
Et c'est repartit! Un ami d'Ale qui est devenu le notre aussi, Luis, nous loue pour presque rien la maison de campagne familiale située dans un village montagneux. Il y a là-bas une piscine et assez de place et d'outils pour bricoler. Direction Tepoztlán!!
Mais Ronan est méfiant, il préfère faire un tour de paté de maison d'abord. Aux trois quarts du tour, rebelote, calé. On pousse jusqu'au point de départ avec la sensation d'être une rondelle d'anus avec un porte feuille. Et maintenant il fait nuit, mais on est tous les deux, et ça fait une grande différence dans ces cas-là.
Ronan m'a montré comment régler un moteur, on a résolu pas mal de trucs mais á ne suffisait pas.on s'est approché de 3 km de plus avant que ça lâche encore; dans une rue plus tranquille, dans un quartier plus posé, un vigile en poste au bout de la rue, des commerces, des tacos, un marché, un garage et des banques, face à un arrêt de metro!!
Alors!? Qui quissplaint?
Aprés avoir considéré l' hotel ( plein ), notre deuxième nuit dans le combi ne fut pas plus confortable que la première (on ne tient pas en longueur pour l'instant) sauf que les cafards sont restés à l'écart (asphyxiés par les gaz d'échappements?)
Ce qui nous amène à aujourd'hui, samedi 14, Jour oú nous avons trouvé un garage fiable à qui nous allons confier le combi lundi pour une révision en règle.
Jour oú Luis et Cynthia ont accepté de venir demain nous aider à pousser sur 15 km le combi jusqu'au garage.
Jour oú on a trouvé une chambre sympa, pas chère à louer pour une semaine.
Jour oú Ronan s'est fait voler sa carte bleue et sa carte de transport créant un choc traumatique ( il ne veut plus prendre le métro bus, lieu du drame ) et donnant naissance à une question existentielle : " Mais qu'est-ce que je fous là? ".
Et puis on a marché au pas de course pendant une heure ( bah oui, pas de metro bus! ), on a pris ( enfin ) une douche, o na mangé, on s'est reposé... Et demain est un autre jour.
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| Notre nouvelle et provisoire maison |
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| Par la fenêtre nous parvient de la musique mexicaine toute la journée |