Les conseils de classe du deuxième trimestre sont là, enfin ! et déjà ! La kermesse est passée, tellement crevante et stressante ! Je n’ai pas réussi en profiter et a rigoler avec les élèves, impossible. Une ambiance affreuse flottait en coulisse.
Toujours cette impression de salé-sucré, de doux-amer quand à
ma vie là-bas, chaque jour est une surprise. Un jour ça va super, les élèves
sont cool, mes collègues sont sympas avec moi, je rentre chez moi en passant
par la plage et j’ai le moral. Le lendemain des ragots circulent, un mécontentement
plane, les élèves ont beau être sympas, je rentre chez moi le cœur lourd, je
peine à me distraire, la solitude me pèse.
Je me suis fait des amis, Rinaldo, Leydi et leur fille Kekaa, on passe du temps ensemble, ça c’est
cool. Ils me font gouter la cuisine locale, le poisson cru au lait de coco amélioré
d’ail et de jus de citron, mama mia ! un vrai délice ! les chevrettes
à l’ail, magnifique ! et la langouste au lait de coco, un rêve éveillé !!
Le tout pêché par Rinaldo lui-même ! Les repas aux marquises sont constitués
de plusieurs plats très bien garnis poses sur la table, tout le monde se sert
de ce qu’il veut, en général en grande quantité. Les jours de fête ou de réunion
de famille on trouve sur la table de la chèvre au lait de coco, du cochon grillé,
du uru, du riz, des pates, des lentilles, des petits crustacés, du crabe, du
poisson cru… Je me lèche les babines rien qu’ en les décrivant ! C’est
riche mais qu’est-ce que c’est bon !! La coco n’a rien à voir avec les
saveurs coco d’Europe, en fait, une vraie coco, c’est bon !
Pour se déplacer, tant qu’il y a des routes il y a des
voitures (même de sport ! Alors qu’il y a peu de routes goudronnées et
entretenues !) Mais pour tous ceux qui ont des terrains éloignés ou ceux
qui vont souvent dans la brousse des montagnes pour chasser, ramasser des fruits
sauvages, le miel ou pour le coprah, eux
capturent des chevaux sauvages, les dressent et se balladent avec. C’est très
courant de croiser un homme à cheval et à cru, ici pas de selles ! Jamais vu de femme dessus encore mais bon moi
je suis coincée dans la « ville ». Je ne vois en fin de compte
presque rien, il y a des hameaux disséminés sur toute l’ile, ses plages sont
rares, il y a surtout beaucoup de falaises et de montagnes.
Ronan est à coté de moi pendant que j’écris ces lignes. Il
va passer quelque temps avec moi, je suis contente !! Lui aussi même s’il
a très peur de s’ennuyer. J’espère qu’il va se faire des amis, il aura le
temps ! Il est temps de faire un choix pour l’année prochaine, mon
directeur est content de moi, il souhaite me garder, il ne tient qu’ à moi de
renouveler mon contrat mais j’hésite. La solitude me pèse et puis si je reste
je suis utile au groupe mais je ne participerais pas du tout aux travaux de
rénovation du bateau, ça me dérange.