samedi 20 juin 2015

DERNIERE SEMAINE ET DEMIE SUR MON ILE



Il y a plus d’un an déjà que l’on a débarqué ici avec notre sac à dos.

 J’étais impatiente de savoir ce que j’allais y vivre, je voulais déjà me retourner sur cette période de ma vie et la contempler tout à loisir.
 La vie y a été intense, il y avait tellement à faire, a sentir, à voir, les journées n’étaient pas assez longues pour découvrir tout a loisir, les moustiques trop voraces pour nous laisser nous poser et admirer, le soleil trop ardent pour nous laisser dorer, la chaleur et la moiteur trop débilitante pour nous activer… Et puis ce travail bouffeur de temps, consommateur d’énergie, intransigeant… Maintenant ça y est, le docteur a dit qu’il était temps de se reposer. Et dans le calme de ma maison au toit de tôle, me nourrissant presque exclusivement de mangues du jardin, dessinant plus que jamais, je prends enfin le temps de savourer le caquètement et le chants de la volaille sauvage qui vit dans mon jardin, l’odeur des tiares en fleurs a l’aurore et au crépuscule, la silhouette noire des cocotiers au clair de lune, l’odeur du uru cuit au feu de bois, le martèlement des pahu au loin, les chants religieux marquisien s’échappant de l’église tout les soirs vers 19h, le bruit des vagues comme si elles s’écrasaient en bas de mon jardin, le vent marin jamais froid et le rideau de pluie dru que l’on entend arriver et qu’on regarde partir. Elle est arrivee la saison des pluies. Et apres les chaleurs ecrasantes et selon moi, deprimantes, il est aprecie a sa juste valeur, cet abreuvoir plein venu du ciel.
Ronan est partit. Il a rejoint Tom, Deb et leur bateau Arungaya sur l’ile de Raiatea. Ils bricolent et reparent en attendant la bonne fenetre meteo pour partir finir les travaux a la marina de Taravao sur l’ile de Tahiti. Ils viennent de decouvrir que la quille se decolle un peu, ca retardera encore leur depart.  J’espere les retrouver a mon escale a Tahiti !

Avec Maria, a l'exterieur de sa cuisine

Ronan nonchalament assis a cote d'un enfant !! Kimyora, la fille de Maria.
La baraque de Maria et Vincent est genialissime !! Ici c'est couloir qui va de la cuisine a la salle de bain...

Ronan, Julien et Vincent sur la terrasse







Et les journees defilent, de plus en plus agreables a mesure que je me detends, la maison s’est transformee en bar de quartier, les amis passent et defilent, ils me font les courses puisque mes heures de sorties sont restrictives. Il y a Armelle et Gilles et leur deux filles, eux vivent sur le Coccinelle au mouillage au port d’Atuona qui est excentre, ma maison leur sert de camp de base quand ils viennent jusqu’au village, comme ça ils peuvent profiter de la douche chaude et de la machine à laver, Julie est ma copine de création, elle est infirmière libérale remplaçante. On fait des bijoux en graines, je lui montre la couture et on boit beaucoup de the, parfois Julien son copain, infirmier au dispensaire, nous rejoint pour l’apéro. Maria des Tuamotus, ma seule copine locale qui vient payer sa bière avec son mari et ses deux filles, Sophie et Benjamin ont repris la mer sur leur Ouma, ils sont à Nuku Hiva maintenant. Amanda l’américaine est partie aussi, elle a vécu a la maison un temps puis a repris l’avion, elle est en Floride maintenant. Et la vie ici c’est ça, les gens arrivent et s’en vont. Maria me dit que la fin de l’année scolaire est toujours difficile, « c’est à ce moment-là que les amis que l’on s’est fait pendant l’année s’en vont, pour les militaires c’est tous les deux ans » C’est un peu triste aussi, la vie sur une ile… Et puis ça fait deux mois qu’ici c’est la pénurie de gaz et d’essence… 

Au fond de gauche a droite : Julien, Ronan et Kimi. Devant : moi, Sophie et Julie



Moi je planifie mon départ, mon séjour au Japon et mon retour en France, je fourmille d’excitation de revenir et de voir le Japon !
Je dessine, je fais mes bagages et je cherche mon lieu de rêve au Japon : un ryokan avec rotenburo champêtre et sans prétention, toute suggestion est étudiée !  
Ronan est en train de profiter à fond, il pêche au harpon, plonge et bricole, le décollement de la quille est plus sérieux que prévu, le départ pour Tahiti est encore retarde, on ne se croisera peut-être pas mais nous deux c’est du solide, on se retrouvera dans quelque temps, pour l’instant Ronan se sent bien, il est heureux de vivre son rêve, et moi de suivre mon propre chemin, on se retrouvera.

En haut : Julie, Ronan, Armelle et Gilles, En bas Julien, moi, Apolline et Camille

Avec Amanda le jour de son depart

Chez moi, je manque de chaises...