lundi 30 juin 2014

DE CAMPEUR A PAYSAN


Ça y est, 3 semaines dans notre nouvelle maison. Pendant que Deb et moi nous occupons du terrain (élagage, désherbage, feux, récolte du café, des citrons, des pamplemousses, avocat, carambols, corossols, fruits de la passion et qq occasionnels pakaï et manioc ) les garçons ont amélioré notre confort avec la fabrication d'un canapé, un fauteuil, une étagère, un établi, des clapiers et un poulailler. 
Oui parce que la fratrie s'est agrandie ! En allant chercher 2 chats pour éloigner les rats chez la Bardot locale, on est finalement repartis avec un coq et 3 lapins en plus. On devient de vrai fermiers!!
Deb a transplanté des ananas et attaque la mise en place d'un potager. tout ça nous économisera des sous!

Yvan nous a proposé un deal en or : On l'aide a construire sa maison (se sont les compétences de Tom et Ronan qui l'interessent ) en échange de son bateau, un colombia 45 en bon état, juste à rafraîchir avec quelques détails à revoir. Seulement voila, Ronan a du travail de ferronnier, il commence ses 2 semaines d'essai aujourd'hui. Entre un bateau ou de l'argent notre coeur balance...

On nous file des coups de paluche à gogo, des bons plans, des oreillers... Un grand merci à Yvan, un type en or sans qui notre intégration aurait pris beaucoup plus de temps et aurait été bien plus laborieuse!
On se fait à l'idée de rester un bon moment dans le coin, on ne se refait pas une santé financière du jour au lendemain et puisqu'on est si bien acceptés... Car nous reçevons aussi! nos we sont chargés de cuisine, de jeux et de bonne compagnie, ça faisait un moment qu'on avait pas vécu le plaisir de partager et d'inviter. 

Ça console un peu Deb, la plus impatiente de nous quatre a réaliser son rêve de parcourir les Marquises en bateau. On ne laisse pas tomber, on s'organise et on rêve, c'est à notre portée!!! 

La mare du premier niveau (sous-sol)

Ronan et Stafilo, le coq aveugle qu'il faut nourir car il ne trouve pas sa gamelle seul

Voici Futur civet


Tri du café après notre première torrefaction (ratée)

Les moyen du bord... obligé de faire l'étau lui-même !!

Le deuxième niveau (rdc)

l'escalier de corail jusqu'à notre chambre

La fameuse porte en bois massif

La vue depuis la salle de bain


La crotte de gecko sur la table (extrêmement bien moulée, vous en conviendrez, il y en a qui ont du style!)

La maison vue du parc (ou terrain, ou verger sauvage au choix)

Z'avez vu nos beaux pamplemousses?

Récolte du café Arabica

Ecorçage des falcatas


Nos dinosaures personnels et trop mignons gentils pouki pouki !!!

L'évier se trouve à l'interieur !! et il ne fuit presque pas !!!

A la plage de Afaahiti, la plus proche de chez nous

Haha!! Je kif !!
Les plaintes concernant le fait que Tom n'écrive plus ont été entendues mais sachez qu'il reste le photographe officiel de notre aventure.

lundi 16 juin 2014

LE CAMPING GAGNE UNE ÉTOILE.. OU DEUX



Aujourd'hui nous allons visiter notre  nouvelle maison.
Une semaine et trois jours que nous campons.
Nous avons en ce laps de temps beaucoup amélioré notre "intérieur". Ronan et Tom ont construit une étagère en bambou et écorce d'hibiscus pendant que je nattais les surface planes en feuille de cocotier. Deb a fabriqué toute une série de paillassons, bien utiles pour préserver notre petit coin de la boue. Le coin cuisine a eu droit à un brin de maçonnerie pour plus de confort et quelques suspensions sont apparues à base de coque de coco et de cannettes de bière en alu.
 La noix de coco a de multiples usages. On boit son eau délicieuse, rafraîchissante et abondante,  on mange sa chair en morceaux ou en lait et sa coquille nous sert de bols (on a pas d'assiettes), de rangement, de bougeoir, de grange cuillère, de presse-pamplemousse (les pamplemousses ici sont verts, énormes, sucrés, juteux, simplement délicieux) et on en imagine chaque jour de nouvelles utilités. Quand à la bourre de coco, elle brûle très bien et peut s'utiliser aussi dans le torchi.
La feuille de cocotier est aussi bien utile. Tréssée, elle peut être utilisée dans des étagères ou comme paillasson, comme natte ou comme chapeau ... Deb a séparé les nervures des feuilles pour les regrouper en balai fort efficace.
Notre voisin menuisier spécialiste des plafonds en coraux nous propose une maison sur cinq niveaux qu'il a construite sur le plateau en échange de l'entretien de son terrain laissé à l'abandon depuis 6 ans.
Y a l'air d'y avoir du boulot. On la visite ce matin.




Notre campement a changé d'endroit. Le nouveau lieu prend moins l'eau, n'oblige pas le pied à se poser dans la boue dés le lever et a plus, beaucoup plus de surface habitable.
 + 8 en confort.
Effectivement, la maison sur le plateau de Taravao a 5 niveaux. Elle n'a jamais été terminée et possède quelques défauts de construction liés surtout à l'impatience et aux ambitions artistiques de son construsteur, Jean-Claude. Petit à petit, on apprend à connaître le personnagequi s'est taillé une réputation sur Tahiti et en-dehors grâce à ses portes en bois massif sorties brutes et en une seule pièce du tronc d'un gros arbre à la tronçonneuse, pour ses murs en galets et pierre volcanique, ses plafonds en coraux et ses cabanes dans les arbres.
 C'est aussi un anarchiste polygame qui met en pratique ses convictions au quotidien, pour notre bénéfice (l'anarchie, pas la polygamie) : Après nous avoir prêté une voiture contre son entretien courant, il nous prète sa maison contre entretien du terrain (bucheronnage, élagage, desherbage, nivellement, collecte des fruits et légumes, entretien des mares, ... )
La maison donc. Abandonnée aux éléments pendant 7 ans, la nature a repris ses droits. Les racines des arbres ont soulevé le béton et fait leur chemin à travers la maison, l'eau ruisselle de haut en bas par les fissures et les moustiques ont fondé un Collectif des Moustiques Libres qui a semble-t'il eu du succès puisqu'ils semblent s'être organisés en communauté puissante et nombreuse, attaquant sans sommation, sans interruption, par groupes armés bien organisés avec éclaireurs et bataillons et même quelques téméraires kamikazes. Comme dirait Tom, ici tu chopes la dengue deux fois par jour.
La maison donc : 5 niveaux.
Le sous sol est enterré d'un côté (côté cave) et est ouvert sur une mare entourée d'arbres et peuplées de lotus et poissons mange-moustiques de l'autre. C'est là que se trouve la seule salle de bain praticable aussi. Il y fait très sombre même la journée, l'eau de la douche crée une mare aux pieds des toilettes mais l'un comme l'autre sont ouverts de telle façon que l'on chie et se lave avec vue sur la jolie mare.
 Pour monter au rez de chaussée on passe par l'extérieur. Sous la pluie donc (la saison sèche n'est aps si sèche cette année, le temps est déréglé, présage de beaux cyclones en septembre paraît-il) et nous voici dans la pièce à vivre. Une belle tranche de bois posée sur des parpaings debouts, une glacière récupérée dans les poubelles qui fonctionne, une gazinière abandonnée ici depuis 7 ans et récurée, de l'eau courante et deux ampoules ... Le grand luxe ! Il ne nous a fallu que deux jours à occuper les lieux pour se fabriquer un plan de travail avec un vieux fût en metal, un parpaing et deux tranches de bois. Après avoir repéré les endroits à éviter pour cause de fuites et un bon nettoyage, notre salon est un îlot agréable non boueux auquel on pense ajouter un hamac. Un canapé ce serait top mais ne soyons pas trop ambitieux.
Le 1er Etage contient 3 pièces plus une grande terrace sur laquelle des bassins retiennent l'eau de pluie, il y a aussi des jardinières. Ne cherchez plus l'origine  des fuites à l'étage du dessous. Puis vient le 4e niveau : Une grande pièce vitrée parquée de tec dans laquelle nous avons posé nos tentes. Elles nous protègent des moustiques, des énormes araignées que l'on rencontre régulièrement , de la poussière et des fuites d'eau. De plus elles nous donnent une certaine intimité.
Un petit escalier mène au toit, 5e niveau avec un bac de retien d'eau et dse formes à la Gaüdi.
Aucun niveau n'est réellement terminé et fonctionnel mais l'espace de campement s'est considerablement élargi et on ne manque pas d'occupations. Quand on est pas dehors sur le terrain, on fabrique. Ronan et Tom ont ramené à l'intérieur l'évier qui jusque-là était dehors au bout d'un chemin boueux. Ils se sont lançés dans la construction d'une évacuation à base de bambou qui leur donne du fil à retordre, c'est leur 2e jour dessus. Il faut dire qu'ils ont à leur disposition une scie, un ciseau à bois, des clous, un marteau, du fil de fer rouillé, une chambre à air et un entonoir. Deb a fabriqué une cafetière et un pot à brosses à dents en coco et se lance dans la déco de nos bols de coco. Quand à moi, J-C m'a prétè une machine à coudre. J'ai fini de confectionner un haut et je le teinds maintenat avec des fleurs de Jamaica et de l'urine. Je m'occupe aussi de la confection de gateaux à base de bananes afin qu'elles n'attirent pas autant de moucherons.

Après lecture de ce texte aux copains, quelques précisions sont à ajouter.
La maison est peuplée de geckos de taille respectable. Des lezards mangeurs d'insectes aussi à l'aise la tête en bas qu'à la verticale, on adore les regarder chasser les moustiques et les papillons de nuits au plafond du salon, on adore moins leurs merdes que l'ont retrouve sur la table à manger.
Pour Tom, traumatisé de ne pas avoir pu fêter Noël (en convoyage de voilier au moment des faits), on a transformé un étai en bambou de Noël décoré d'un régime de bananes, un ruban rouge (trouvé au bord de la cascade) et Pacific boy pour l'étoile.

Pas de nouvelles nouvelles concernant le boulot. Et pour le voilier on cherche encore, on a peut-être un plan ... à voir.





samedi 7 juin 2014

LE TERRAIN D'YVAN





Du marron sous les ongles. On a beau faire, piétiner dans la terre tous les jours ne laisse pas le choix. On se baigne et on se lave tous les jours. Le temps de rentrer au campement la terre s'est glissée entre le pied encore humide et la tong créant une matière fine salissante et glissante. Le talon humecté glisse donc hors de la tong, sur le sol il ramasse un peu plus de terre qu'il dépose dans la sandale quand il y est replacé. Une fois arrivé au camp on laisse la tong à l'extérieur du liner où on circule pieds nus. Le liner bien que maintenu le plus propre possible est poussiéreux. Le pied y apporte ce qu'il a collecté en route.
Le pied du camper permanent à Pueu sur la presqu'île de Tahiti est donc sale, quelque soit le temps ou l'heure de la journée. On abandonne donc la sandale ... jusqu'au moment où le dessous du pied est blessé.
La blessure bénigne sous un climat froid devient problématique sous un climat chaud et humide, terrain propice aux infections et surtout au redouté staphylocoque. On nettoie et on remet la tong. Pour l'abandonner à nouveau. Garder un pied sans salissures est un combat vain ici, comme démontré plus tôt.
Les pluies sont fréquentes et intermittentes. Un temps béni pour les cocotiers, bananiers, pamplemoussiers arbres à pain ... La nature prend la pluie et la transforme en source de vitamines et saveurs qui font notre bonheur. On compose donc avec la pluie, un génois et un foc tendus au-dessus de nos têtes abritent la cuisine aménagée et le salon composé d'un coffre de rangement-table, de deux moitiés de rondin-tabouret, d'une étagère-bambou, le tout posé sur un liner-tapis et entouré de feuilles de cocotier tressées-paillasson. Les voiles et leurs bouts d'amarrage sont nos cordes à linge, les fourmis et les blattes notre aspirateur. On sert quotidiennement le repas aux moustiques ... Le cycle de la vie et la chaîne alimentaire prennent tout leur sens.
Hier on a fait un grand feu avec toutes les branches et feuilles qui traînaient. Sur les braises on a posé une énorme tranche de thon enveloppée de feuilles de noni (utilisées dans la confection d'un médicament contre le cancer) attachées ensemble avec de l'écorce d'une jeune pousse d'Hibiscus. La feuille de bananier nous a servi de plan de travail et de nattes.

Les coqs sauvages chantent à toute heure du jour et de la nuit. Outre le fait qu'ils nous débarrassent des cents pieds dont la piqûre est apparemment extrêmement douloureuse, ils nous permettent de nous exercer au lancer de cailloux. Viser juste et loin demande de la force, de la précision et beaucoup de pratique. Ivan, sur l'île depuis 18  ans est un vrai expert, gagnant notre respect grâce à un dévellopé de coude et poignet mêlant puissance et précision, son jet atteignant son but avec force à plus de 30 mètres de distance. Il est craint par tous les coqs du domaine, certains estropiés et tous ayant appris à courir vite et loin. Je rêve d'une fronde et de savoir l'utiliser mais on a pas de marmite assez grande pour le coq au vin.