samedi 7 juin 2014

LE TERRAIN D'YVAN





Du marron sous les ongles. On a beau faire, piétiner dans la terre tous les jours ne laisse pas le choix. On se baigne et on se lave tous les jours. Le temps de rentrer au campement la terre s'est glissée entre le pied encore humide et la tong créant une matière fine salissante et glissante. Le talon humecté glisse donc hors de la tong, sur le sol il ramasse un peu plus de terre qu'il dépose dans la sandale quand il y est replacé. Une fois arrivé au camp on laisse la tong à l'extérieur du liner où on circule pieds nus. Le liner bien que maintenu le plus propre possible est poussiéreux. Le pied y apporte ce qu'il a collecté en route.
Le pied du camper permanent à Pueu sur la presqu'île de Tahiti est donc sale, quelque soit le temps ou l'heure de la journée. On abandonne donc la sandale ... jusqu'au moment où le dessous du pied est blessé.
La blessure bénigne sous un climat froid devient problématique sous un climat chaud et humide, terrain propice aux infections et surtout au redouté staphylocoque. On nettoie et on remet la tong. Pour l'abandonner à nouveau. Garder un pied sans salissures est un combat vain ici, comme démontré plus tôt.
Les pluies sont fréquentes et intermittentes. Un temps béni pour les cocotiers, bananiers, pamplemoussiers arbres à pain ... La nature prend la pluie et la transforme en source de vitamines et saveurs qui font notre bonheur. On compose donc avec la pluie, un génois et un foc tendus au-dessus de nos têtes abritent la cuisine aménagée et le salon composé d'un coffre de rangement-table, de deux moitiés de rondin-tabouret, d'une étagère-bambou, le tout posé sur un liner-tapis et entouré de feuilles de cocotier tressées-paillasson. Les voiles et leurs bouts d'amarrage sont nos cordes à linge, les fourmis et les blattes notre aspirateur. On sert quotidiennement le repas aux moustiques ... Le cycle de la vie et la chaîne alimentaire prennent tout leur sens.
Hier on a fait un grand feu avec toutes les branches et feuilles qui traînaient. Sur les braises on a posé une énorme tranche de thon enveloppée de feuilles de noni (utilisées dans la confection d'un médicament contre le cancer) attachées ensemble avec de l'écorce d'une jeune pousse d'Hibiscus. La feuille de bananier nous a servi de plan de travail et de nattes.

Les coqs sauvages chantent à toute heure du jour et de la nuit. Outre le fait qu'ils nous débarrassent des cents pieds dont la piqûre est apparemment extrêmement douloureuse, ils nous permettent de nous exercer au lancer de cailloux. Viser juste et loin demande de la force, de la précision et beaucoup de pratique. Ivan, sur l'île depuis 18  ans est un vrai expert, gagnant notre respect grâce à un dévellopé de coude et poignet mêlant puissance et précision, son jet atteignant son but avec force à plus de 30 mètres de distance. Il est craint par tous les coqs du domaine, certains estropiés et tous ayant appris à courir vite et loin. Je rêve d'une fronde et de savoir l'utiliser mais on a pas de marmite assez grande pour le coq au vin.




3 commentaires:

  1. Un coq à la broche ça doit être bon aussi non ? :)

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  2. Bonjours les néo insulaires tahitiens roi du camping ex bretons vendéens sudistes ferrailleurs jardiniers itinérants et un peu marins. Si l'heure est au partage de blogs, il faut aussi en partager l'écriture. Ne te laisse pas faire Anna et remet mon grand benêt au travail! ( Je vois bien qu'il passe tout son temps sous la douche !)

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  3. Bonjours les néo insulaires tahitiens roi du camping ex bretons vendéens sudistes ferrailleurs jardiniers itinérants et un peu marins. Si l'heure est au partage de blogs, il faut aussi en partager l'écriture. Ne te laisse pas faire Anna et remet mon grand benêt au travail! ( Je vois bien qu'il passe tout son temps sous la douche !)

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